"La Banque Mondiale parle tellement de la faim qu'on oublie que les trois quarts de ses crédits sont consacrés non pas à l'agriculture mais au commerce. La plupart de ses projets concernent l'infrastructure nécessaire aux compagnies étrangères pour investir avec profit sans avoir à en payer la note. Les prêts de la Banque favorisent les investissements des pays industrialisés - c'est d'ailleurs un de ses principaux objectifs, spécifiés dans sa charte. Ce qui nous étonne, c'est de voir comment la Banque a réussi à faire croire à tant de gens qu'elle avait modifié ses priorités [...] pour devenir pratiquement un organisme d'aide. Mais la Banque est toujours une banque et elle ne pourra jamais recruter sa clientèle parmi ceux qui, sur terre, souffrent de la faim."


Frances Moore Lappé - Joseph Collins, L'industrie de la faim - Par-delà le mythe de la pénurie (Traduit de l'américain : Titre original Food first, Boston 1977) Editions L'étincelle, Montréal-Paris 1978, p.468.

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